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01/03/2007

Retrouvailles 35 ans plus tard (suite)

Sur les photos exposées, on se cherche, on se reconnait, et on raconte, on raconte...à en oublier que le champagne est servi. A en oublier pour les plus anciens que l'on a du mal à marcher ou à se tenir debout...Ah ! qu'ils ont grandi ces petits !

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Allez, quelques lignes sur le livre d'or :

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Et une photo souvenir tous ensemble :

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J'ai tellement aimé vivre cette expérience que l'année suivante je créais l'Archéologie Familiale et Sociale et que j'en ai fait mon métier....C'est passionnant les souvenirs quand ils nous aident à comprendre le présent et à préparer l'avenir.


(C'est écrit petit sur les journaux, mais si vous copiez l'image sur word, vous pouvez agrandir jusqu'à 200%)

Retrouvailles 35 ans plus tard

Je suis donc retournée dans ma maison de campagne, j'y ai amené mes parents et mes frères, mais ça ne s'est pas arrêté là. On a invité quelques anciens à partager nos souvenirs.

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Lorsque l'on commence à remonter dans ses souvenirs, on rencontre d'autres personnes qui le font aussi, alors on se regroupe et on recherche les autres.

D'abord une photo d'école

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On se regroupe et on cherche à donner des noms aux visages d'enfants :
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On s'écrit, on se téléphone et enfin on se retrouve....un peu vieilli, un peu plus enrobés mais toujours aussi jeune dans la tête. Les souvenirs jaillissent de toute part...

(à suivre)

21/02/2007

La fin d'une époque (3)

Nous ne savions pas ce que nous laissions échapper mais devenus adultes et parents à notre tour, nous l’avons réalisé. Les uns après les autres, nous sommes revenus à Rouvres pour faire découvrir à nos conjoints, nos enfants, nos amis, le village de notre enfance. En juin 1975 j’y ai même organisé un feu de Saint Jean sur un terrain prêté par Monsieur Le Bihan, maire de Rouvres à cette époque.

Tout est allé très vite et Monsieur et Madame Betant sont devenus propriétaires du Vieux Logis en novembre 1964, il y a trente cinq ans aujourd’hui.

Je n’ai jamais dit adieu à cette maison ni à tout ce que je quittais. Les années ont passé et à l’âge où les racines prennent de plus en plus d’importance, je suis revenue à Rouvres.

Je suis retournée dans notre maison qui garde les marques de notre passage. Je l'ai fait visiter à ma fille, et j'y ai amené toute ma famille...nous n'avions pas encore fait le deuil de cette maison. Avec sérénité nous lui avons dit adieu car ses propriétaires lui redonnent peu à peu son caractère d’origine. Elle revit.

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J’ai rencontré Madame Gautier, Madame Levoy, Monsieur et Madame Heurdier et d’autres encore. J’ai retrouvé Madame Fraval, Madame Delanoé et Jean-Claude. Mes recherches ont favorisé de nouvelles retrouvailles comme celles de Mireille et France Dupuy qui viennent de me téléphoner. Nos échanges sur la vie passée nous font revivre des moments de plaisir et d’émotion.

Tous ensemble, nous sommes partis à la rencontre de nos souvenirs, de l'histoire de ce village:

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(à suivre)

La fin d'une époque (2)

Imperceptiblement la vie du village évoluait. Nos amis ont acheté le terrain de Monsieur Rossard sur la route de Bû et y ont fait construire un petit bungalow. Leurs amis ont aussi acheté un terrain voisin et tout en haut de cette route une maison de bois, « le Ranch » s’est dressée au milieu des champs.

L’ouverture d’une première épicerie Leclère à Issy les Moulineaux a modifié nos habitudes d’approvisionnement et nous apportions l’essentiel de ce qui nous serait nécessaire durant notre séjour.

L’alimentation en eau courante a largement facilité la vie de tous les habitants mais modifié leurs relations de voisinage. Plus d’attente aux fontaines, moins de monde aux lavoirs et moins de moments propices à l’échange et à la communication. Peu à peu la vie s’est refermée sur elle même lorsque la télévision est entrée dans les foyers.

Monsieur Camille, un entrepreneur de maçonnerie a acheté l’ancienne maison de Madame Leménère dans le chemin de la Cornette, l’a restaurée et revendue à des parisiens. En mai 1963 Monsieur Darreau, à son tour, a vendu la propriété de sa mère et nous avons eu de nouveaux voisins : les Ellis . Nous n’avons pas pris le temps de faire connaissance et à peine amorcées les premières relations, leur « maison de campagne » est devenue un lieu clos dont le grillage si souvent franchi, s’est transformé en une clôture peu propice aux échanges de voisinage.


L’ambiance générale du village s’est transformée et les moteurs de quelques tondeuses à gazon sont venus troubler le silence paisible des matinées dominicales.

Nous grandissions et nos études nous laissaient de moins en moins de temps pour profiter de nos week-ends. Nos cours du lundi matin commençaient tôt et des activités extra- scolaires nous retenaient souvent à Paris.

Jean-Claude avait une petite amie. Nous souhaitions sortir, aller ailleurs, voir autre chose et lorsque nos parents nous ont demandé si nous étions d’accord pour qu’ils vendent la maison, nous avons dit oui sans hésitation.

La fin d'une époque (1)

La maison de Rouvre avait été achetée peu après ma naissance, pendant 14 ans elle est restée notre maison de vacances :

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J'y ai fait mes premiers pas :

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La famille s'est agrandie :

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Nos cousins venaient nous voir :

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La maison est devenue plus confortable :

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J'y ai gardé mes plus beaux souvenirs, ceux que je vous ai déjà raconté.

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(à suivre)

17/02/2007

La fin d'une époque (suite)

La commune était découpée en quatre lieux d’animation répartis également sur l’ensemble du territoire. A l’église et la mairie faisait face, au carrefour de la route d’Anet et de la route de Dreux, le quartier du boulanger. A l’entrée du village, vers la route de Houdan se tenait le café-épicerie Dauriat qui se trouvait à l’opposé du café-épicerie Cabard. Cette répartition intelligente des lieux de rencontre incontournables facilitait la communication entre les habitants et chacun faisait preuve de solidarité envers ses voisins sachant très bien qu’en cas de difficulté, il pourrait aussi faire appel à eux.

Avant 1960, pour un peu moins de quatre cents habitants et quelques Parisiens en week-end, il y avait six commerces installés à demeure dont certains organisaient aussi des tournées et trois ou quatre commerçants ambulants qui passaient régulièrement. A cette époque, mes grand-mères restaient avec nous durant deux mois. Elles n’avaient pas de voiture mais trouvaient sur place tout ce qui était nécessaire à la vie quotidienne de la famille.

Dans le quartier de la boulangerie, la charcuterie Levoy devant laquelle s’arrêtait le car venant de Paris, louait des chambres et faisait restaurant. Ce large éventail de services nous a permis de recevoir de nombreux parents et amis venant à Rouvres pour profiter de l’air de la campagne. Un peu plus haut sur la route de Dreux le café bureau de tabac dont les Dauriat ont récupéré l’activité à sa fermeture répondait aux besoins des fumeurs.

Dans ce quartier se dressait le café des voyageurs tenu par Monsieur et Madame Armand. Madame Armand s’occupait de l’épicerie et vendait aussi de la charcuterie. C’était une dame âgée, très douce et gentille avec les enfants. Elle retenait par un chignon ses cheveux argentés, portait une blouse blanche et au ras du cou, un collier de perles noires qui lui donnait un air très digne. Après le bureau de tabac, c’est le second commerce qui s’est arrêté. La maison a conservé longtemps la trace de son enseigne et gardé ses volets clos. Je me souvenais d’eux en allant acheter le pain.


Les premiers boulangers s’appelaient Dourdaine. L’extrait d’un film familial fait revivre quelques instants cette boulangère blonde aux cheveux frisés et au large sourire. Ensuite Monsieur et Madame Chédeville sont arrivés. Un dimanche, alors que la boulangère faisait face à l’affluence d’après la messe, j’ai joué avec Carole bébé en lui prêtant ma poupée. Je suis restée si longtemps que ma mère a dû venir me chercher. Bien sûr nous n’avions pas le téléphone et utilisions la cabine publique installée chez Dauriat mais uniquement en cas d’urgence.

Pour arriver chez Dauriat il suffisait de longer la route en direction de Houdan en passant devant l’école de filles. A gauche de l’entrée du café trônait une pompe à essence mécanique. Remplir le réservoir prenait du temps mais tous les clients attendaient patiemment. On vendait de tout chez Dauriat : de l’essence, des timbres poste, des cartes postales, des journaux, du tabac, des bouteilles de gaz etc...

L’intérieur de l’épicerie était un peu sombre mais lorsque nos yeux s’habituaient à l’obscurité, on trouvait tout ce que l’on

cherchait : du boudin, des saucisses, des fruits, des légumes, du fil et des aiguilles, des espadrilles, des blouses pour la rentrée des classes, des chapeaux de paille, de l’anti-limaces, du papier tue mouches et même du poisson le vendredi .

L’odeur qui régnait dans la boutique était inimitable. Aux effluves des saucisses pendues au-dessus du comptoir, des fruits mûrs à point à l’entrée du magasin se mêlaient celles du caoutchouc, de la corde et des produits d’entretien.

Le café-épicerie Cabard que nous appelions « chez Louisette » était l’épicerie la plus proche de notre maison. Située à quelques mètres, dans la grande rue, nous avons su très tôt y aller seuls.

Louisette était une femme jeune que je trouvais jolie avec des cheveux châtains et frisés qu’elle portait mi longs et un rouge à lèvres discret que j’aimais beaucoup. Aidée de ses parents, Monsieur et Madame Brindeau, elle tenait son commerce et élevait deux enfants : Pierrot et Colette. Pour moi ils étaient « des grands » et je me souviens de Pierrot arrivant un soir en moto, et de Colette, jolie jeune fille blonde, qui parfois servait à l’épicerie. Ma mère demandait régulièrement de leurs nouvelles et j’écoutais, intéressée, parler des menus détails de la vie de ces adolescents de la campagne.

A tout moment, nous allions chez Louisette.

Pour étancher notre soif après la promenade, nous achetions de la limonade. Des « biscuits BN » aussi ; de gros biscuits un peu durs sur lesquels nous étalions du beurre frais. Nous rapportions les bouteilles consignées pour acheter ces fameux « caramels à un franc » qui, non seulement n’étaient pas chers mais en plus pouvaient être gagnants. Parfois nous choisissions des pâtes à mâcher avec lesquelles nous faisions des concours de bulles dont les plus grosses s’écrasaient immanquablement sur notre nez.

Nous achetions aussi du « banania » et les points récoltés sur l’emballage donnaient droit à une très belle boite en fer décorée de fleurs peintes. Ah ! ces boites qui gardaient longtemps l’odeur du chocolat...J’étais contente chaque fois que nous pouvions en rapporter une. La grosse rouge servait à protéger la farine, le riz ou les pâtes de l’invasion des fourmis. J’ai gardé la verte avec ses bouquets de roses rouges et jaunes près de quarante ans. Il n’y a pas si longtemps encore, elle abritait mon nécessaire de couture malgré son couvercle cabossé.

Un jour de pluie, alors que je m’ennuyais un peu, Louisette m’a proposé de tricoter. Je lui ai acheté des aiguilles et choisi de la laine dans la grosse boite en carton remplie de petites pelotes de toutes les couleurs. Je pouvais les mélanger entre elles et je revois encore les robes turquoise et blanc ou bordeaux et jaune que j’avais réalisées pour mes poupées. Je crois que j’ai épuisé son stock car lorsque le soleil est revenu, j’ai continué à tricoter assise sur la grande terrasse.

Chez Louisette il se passait toujours quelque chose. Lorsque le coiffeur a installé son salon de fortune dans une salle du café, Jean-Claude s’est fait couper les cheveux. Ce coiffeur un peu trop bavard a fait déraper le rasoir sur le bout de l’oreille de mon frère d’où s’écoula une goutte de sang. Sans plus de manières, le coiffeur mouilla le bout de son doigt d’un peu de salive et essuya la coupure pour arrêter le saignement devant ma mère stupéfaite de cette réaction. Elle rangea son mouchoir promptement sortit et Jean-Claude ne s’aperçut de rien.

J’aimais aller au café lorsque mon père s’y arrêtait en revenant de la pêche. J’y ai découvert le diabolo grenadine dont les bulles piquaient le nez et qui laissait au fond du verre du sirop que j’aspirais avec délectation grâce à une « vraie paille ».

J’étais captivée par le jeu de billard. J’aimais le contact avec ses grosses boules de couleurs vives, brillantes et lisses qui emplissaient toute ma main. Pour épargner le tapis, j’avais interdiction de toucher aux queues. Frustrée de cette expérience, après avoir soigneusement frotté mes doigts sur le cube « de bleu » je poussais consciencieusement les boules du bout de l’index jusqu'à ce que des amateurs viennent me déloger. Un festival de sons entremêlés emplissait mes oreilles : les commentaires, parfois ironiques, des joueurs, le claquement des boules entre elles, les rebondissements sur les côtés de la table et les cris de joie de ceux qui marquaient des points m’amusaient beaucoup. Ensuite le bruit sec du boulier mural annonçait que les scores étaient bien comptabilisés. Le temps passait vite et je ne m’ennuyais jamais à les regarder jouer. Pendant ce temps les garçons faisaient une partie de baby-foot, jeu pour lequel je n’étais pas douée et qui m’intéressait peu.

A cette époque il n’y avait pas de salle des fêtes et c’est chez Cabard qu’avaient lieu la distribution des prix récompensant toute une année d’application scolaire et « l’arbre de Noël ». Dans une grande salle au fond du café on installait, pour la circonstance, des chaises et des bancs face à la petite estrade. Les enfants venaient pendant la semaine, répéter sous l’œil bienveillant mais critique de Madame Bréard, des saynètes ou des chansons qui seront présentées aux enfants et à leur famille pour le grand jour. Un superbe arbre de Noël illuminait la salle et chaque enfant recevait son jouet et bien sûr la traditionnelle « orange de Noël ».

Les séances de cinéma et les bals du quatorze juillet s’y organisaient aussi. C’était familial, convivial ; tout le monde se connaissait, tout le monde se parlait. Les jeunes se sentaient entourés. Ils aimaient se regrouper, mais ils savaient que s’ils commettaient quelques méfaits chacun connaissant leurs parents, ils seraient réprimandés.

Le café Cabard a connu une fin brutale et tous ceux qui l’on appris en ont éprouvé une grande tristesse. Malheureusement la fin de ce commerce annonça aussi la fin d’une époque et tout changea très vite.

16/02/2007

Rouvres (réédition)

La vie du village
(je reviens un peu en arrière pour vous remettre dans l'ambiance et vous raconter la suite...35 ans apprès).


Le village était vivant et sa vie rythmée par des bruits familiers. Au petit matin c’est le camion du laitier qui brisait le silence de la nuit, suivi de deux ou trois boum ! boum ! Les gros bidons de fer, jetés à terre s’entrechoquaient.

Un coq chantait et ses congénères lui répondaient mêlant leurs cocoricos aux meuglements des vaches partant au pré et à l’aubade matinale des oiseaux marquant leur territoire. Parfois l’écho d’une voix, l’aboiement d’un chien augmentaient l’intensité de ce concert improvisé.


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Le village dans les années 1950 - Cliché M . Aube Rambouillet


Ensuite nous entendions le claquement des sabots d’un cheval et le crépitement des roues cerclées de fer de la charrette qu’il tirait derrière lui. Enfin les premiers grondements du moteur d’un tracteur nous parvenait du haut de la colline.

La cloche de l’église sonnait l’angélus du matin et les bruits de voix des habitants se saluant de loin couvraient peu à peu le chant des oiseaux. Chacun vaquait à ses occupations jusqu'à ce que les klaxons des commerçants ambulants viennent troubler l’atmosphère paisible du village . D’abord les deux bouchers : Jannois dans sa camionnette rouge et blanche et Maillet avec son véhicule citroën gris , puis le familistère dont l’auvent ouvrant sur le côté donnait à son véhicule une allure moderne et parfois le poissonnier avec l’intérieur du camion peint aux couleurs de la mer.

Tous ces bruits rythmaient les saisons : la moisson, les battages en été ; la chasse en automne et les bruits feutrés de l’hiver égaillés par les cris des enfants dans la cour de récréation. Puis peu à peu l’activité reprenait ses droits et les tracteurs effectuaient les labours de printemps.

De tous ces bruits familiers, celui que je préférais était le roulement de tambour du garde champêtre qui annonçait son « AAvisss à la popppulationn ! »

Au premier coup de baguette, je me précipitais dans la rue pour entendre un message que je ne comprenais pas toujours. Les voisins étaient sortis aussi et attendaient que le garde champêtre arrive jusqu'à nous. Ils échangeaient quelques banalités sur le temps ou la santé qui se terminaient toujours par « alors qu’est-ce qu’il va nous dire aujourd’hui ».
Nous écoutions religieusement le message et après quelques commentaires, repartions chacun chez soi, chargés d’une nouvelle à partager. De tout temps la communication dite de bouche à oreille a été la plus efficace malgré quelques déformations des messages.

D’autres lieux incontournables s’animaient naturellement ici et là. L’eau courante n’existait pas encore et ceux qui n’avaient pas la chance de posséder leur puits venaient s’approvisionner en eau potable à la pompe communale. Après trois ou quatre tours de manivelle, une eau fraîche jaillissait de la gueule d’une grosse bête marron aux pattes prisonnières dans le ciment du trottoir et chacun pouvait remplir son broc, son sceau ou son arrosoir. Les trois lavoirs facilitaient la transmission des informations. C’était si efficace que ces échanges du bord de la rivière avaient reçu le surnom poétique de « radio poules d’eau ». Mais surtout il y avait les commerces.

On ne parle jamais assez du rôle social des commerces de proximité.

31/01/2007

Les années 50

Pour continuer la série "boite à chaussures" , voici la grande chef indienne...

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(faut pas croire qu'elle rigolait comme cela tous les jours, c'était plutôt un gendarme...)

Et sa tribu durant l'été 1950 : A droite mon frère Jean-Claude et à gauche mes cousins germains Alain Thérèse et Michel sur les genoux d'Yvonne, la petite soeur de ma mère et notre tantine à tous.

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Et les mêmes 10 ans plus tard. J'ai eu un petit frère (Pierre, avec un blouson à carreaux). Yvonne a s'est mariée et a eu un garçon : Jacky et mes cousins ont eu une petite soeur Bernadette.

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La jupe bleu marine a disparu mais le chou dans les cheveux, lui...il résiste (gros rire)

Qu'est-ce qu'on était au garde à vous tout de même...

Les années 50

Pour répondre à Maminie, voici donc l'uniforme de l'époque (année 1951)


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La fin d'une époque

Imperceptiblement la vie du village évoluait. Nos amis ont acheté le terrain de Monsieur Rossard sur la route de Bû et y ont fait construire un petit bungalow. Leurs amis ont aussi acheté un terrain voisin et tout en haut de cette route une maison de bois, « le Ranch » s’est dressée au milieu des champs.

L’ouverture d’une première épicerie Leclère à Issy les Moulineaux a modifié nos habitudes d’approvisionnement et nous apportions l’essentiel de ce qui nous serait nécessaire durant notre séjour.

L’alimentation en eau courante a largement facilité la vie de tous les habitants mais modifié leurs relations de voisinage. Plus d’attente aux fontaines, moins de monde aux lavoirs et moins de moments propices à l’échange et à la communication. Peu à peu la vie s’est refermée sur elle même lorsque la télévision est entrée dans les foyers.

Monsieur Camille, un entrepreneur de maçonnerie a acheté l’ancienne maison de Madame Leménère dans le chemin de la Cornette, l’a restaurée et revendue à des parisiens. En mai 1963 Monsieur Darreau, à son tour, a vendu la propriété de sa mère et nous avons eu de nouveaux voisins : les Ellis . Nous n’avons pas pris le temps de faire connaissance et à peine amorcées les premières relations, leur « maison de campagne » est devenue un lieu clos dont le grillage si souvent franchi, s’est transformé en une clôture peu propice aux échanges de voisinage.

L’ambiance générale du village s’est transformée et les moteurs de quelques tondeuses à gazon sont venus troubler le silence paisible des matinées dominicales.

Nous grandissions et nos études nous laissaient de moins en moins de temps pour profiter de nos week-ends. Nos cours du lundi matin commençaient tôt et des activités extra- scolaires nous retenaient souvent à Paris.

Jean-Claude avait une petite amie. Nous souhaitions sortir, aller ailleurs, voir autre chose et lorsque nos parents nous ont demandé si nous étions d’accord pour qu’ils vendent la maison, nous avons dit oui sans hésitation.

Nous ne savions pas ce que nous laissions échapper mais devenus adultes et parents à notre tour, nous l’avons réalisé. Les uns après les autres, nous sommes revenus à Rouvres pour faire découvrir à nos conjoints, nos enfants, nos amis, le village de notre enfance. En juin 1975 j’y ai même organisé un feu de Saint Jean sur un terrain prêté par Monsieur Le Bihan, maire de Rouvres à cette époque.

Tout est allé très vite et Monsieur et Madame Betant sont devenus propriétaires du Vieux Logis en novembre 1964, il y a trente cinq ans aujourd’hui.

Je n’ai jamais dit adieu à cette maison ni à tout ce que je quittais. Les années ont passé et à l’âge où les racines prennent de plus en plus d’importance, je suis revenue à Rouvres.

Cette surprenante remontée de souvenirs bien vivants m’a fait comprendre que toute ma vie j’ai cherché Rouvres. En Touraine, dans les Yvelines, en Bretagne aussi, je cherchais dans mes contacts avec la nature à retrouver les sensations intenses de ma petite enfance.

 
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