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04/11/2007

Aller au bout de ses rêves

Un petit conte philosophique pour les longues soirées d'automne...

Le jour de ses 20 ans, Jonathan décide de quitter la maison familiale pour conquérir le « Mont Bonheur » car celui qui parvient à escalader ce mont et y médite une nuit entière voit tous ses vœux exhaussés.

Il prévient son père qui lui dit :
« Tu as raison, mon fils, vas y pour moi et emporte cette plaque de marbre où j’ai gravé le nom de nos ancêtres. Je devais y aller moi-même mais tu es né et je n’ai pas pu partir. »

Jonathan met la plaque de marbre dans son sac à dos et court dire au revoir à sa mère. Elle verse quelques larmes puis lui dit :
« Vas-y pour moi, et dépose ce coffre d’argent au sommet du Mont Bonheur, il contient tous mes désirs. Je devais y aller moi-même mais je me suis mariée et j’ai abandonné ce projet ».

Jonathan met le coffre dans son sac qui pèse déjà très lourd et va embrasser son aïeule avant de partir.

« Ah, mon petit, nous ne nous reverrons pas car avant que tu arrives au sommet, je ne serai plus de ce monde. Prends ce flacon car il contient toutes les larmes de ma vie. Lorsque tu seras là haut, vide le sur la plus belle fleur et mes chagrins s’envoleront. »

Un dernier regard sur la maison familiale et Jonathan se met en route. Son sac à dos est si lourd qu’il ne peut emporter la moindre provision.

« J’en trouverai en chemin se dit-il ; je proposerai mes services en échange d’un gîte et d’un couvert ». Et dès que la fatigue et la faim se font sentir, il entre dans une ferme et demande asile pour la nuit.

Le lendemain le fermier lui dit :
« Puisque tu pars vers l’ouest, passe par le village de « Fais-le-pour-moi » et accroche cette cloche au toit de la chapelle, ainsi lorsque je l’entendrai teinter au vent, je saurai qu’il va pleuvoir. »

Jonathan n’ose pas dire que c’est trop lourd et que cela lui fait faire un grand détour alors il accepte et repart plié sous le fardeau.

Il marche pendant des jours et des jours pour arriver à ce village et lorsqu’il redescend du clocher de la chapelle il s’écroule, épuisé de fatigue.

« Je n’ai plus la force d’aller au sommet du Mont Bonheur. Je dois abandonner mes rêves et vivre ici du mieux que je peux ». Harassé il s’endort mais lorsqu’il se réveille trois jours plus tard il pense à son aïeule et se remet en route.

Chemin faisant il rencontre des hôtes qui lui demandent des services supplémentaires alors qu’il paye déjà de son travail son gîte et son couvert, mais il n’ose pas refuser de peur d’être rejeté et de manquer de nourriture. Un soir il s’approche d’un lac pour boire et se rafraîchir. Il voit en reflet l’image d’un homme qu’il ne connaît pas.

« Qui es tu ? » demande-t’il

« Celui que tu es devenu » répond l’image

« Ce n’est pas possible, je ne suis pas si vieux, pas si laid ! »

« Mais si, à force de faire ce que veulent les autres, tu as oublié de prendre soin de toi et tu es devenu ce vieillard hideux que je te montre ».

Jonathan éclate en sanglot et pleure très fort et très longtemps.

« Cela ne sert à rien de pleurer sur ton passé ; en portant le fardeau des autres tu t’es abandonné toi-même et aujourd’hui tu payes le résultat de tes erreurs ».

« Qu’est-ce que je peux faire maintenant ? Je suis vieux et faible ; je suis laid et personne ne m’aime. Dois-je renoncer au Mont Bonheur. J’en avais tellement envie… ».

« Tu peux encore aller au bout de tes rêves mais il y a un prix à payer. C’est à toi de décider de ce que tu veux vraiment.»

« Qu’est-ce que je dois faire ? »

« Ouvre ton sac, débarrasse toi de ce qui t’encombre, garde l’essentiel et tu pourras te remettre en route. »

« Mais je ne peux pas faire cela, j’ai promis à mon père, à ma mère et à mon aïeule qui ne doit plus être de ce monde aujourd’hui. Ce qu’ils m’ont confié est lourd à porter mais je ne peux pas les abandonner.».

« Aujourd’hui tu as le choix : épuiser tes dernières forces à porter un fardeau qui ne t’appartient pas, rester là et attendre la fin de ta vie, ou te remettre en route pour aller jusqu’au bout de tes rêves. Tu dois achever ce qu’ils n’ont pas réalisé mais tu dois le faire avec ce que tu es. Garde l’essentiel et abandonne le reste. Toi seul peux changer le cours de ton destin ».

L’image disparaît et Jonathan reste seul. Il réfléchit longtemps puis s’endort. Il rêve qu’il arrive en haut du Mont Bonheur, y médite toute la nuit et devient riche et prospère.

A son réveil il ouvre son sac, sort la plaque de marbre, le coffre d’argent et le flacon de larmes tout en se demandant ce que le vieil homme entendait par «l’ essentiel ».

Il lit et relit les noms inscrits sur la plaque de marbre et s’aperçois qu’il peut les reproduire sans les regarder « Je laisse la plaque de marbre et j’emporte le nom de mes ancêtres. Je les graverai moi-même la haut ».

Il ouvre le coffre d’argent qui contient un rouleau de parchemin soigneusement entouré d’un petit ruban rouge. Il le met dans sa poche Il ne lui reste que la flacon de larme à remettre dans son sac.

Le sourire aux lèvres il installe la plaque de marbre face au lac en souvenir de cette rencontre avec lui-même et dépose à côté le coffre d’argent qui fera le bonheur d’un autre voyageur. Lorsqu’il se penche au dessus du lac il voit l’image d’un homme jeune et décidé. Il se sent la force d’atteindre ses objectifs. Il est en paix, réconcilié avec lui-même.

D’un pas léger il se remet en route, remplissant son sac des provisions qu’il trouve sur son chemin, il ne manque jamais de quoi que ce soit.

Arrivé au Mont Bonheur il l’escalade avec agilité puis réalise les vœux qui lui ont été transmis. Lorsqu’il médite enfin, toute la nuit de grosses larmes de joie roulent sur ses joues et se transforment en diamants plus brillants les uns que les autres.

Jonathan est devenu riche et prospère. Il s’est libéré du fardeau de ses ancêtres car en allant jusqu’au bout de ses rêves il est devenu l’artisan de son destin.

Commentaires

très beau conte, merci de nous le partager!!! il demande à être méditer !!
bernadette

Écrit par : bernadette | 04/11/2007

Bonjour Anne-Marie,

J'ai bien réfléchi sur cette proposition : aller jusqu'au bout de ses rêves. Je pense que moi, j'ai toujours eu des rêves modestes et je n'ai pas eu beaucoup de mal à les réaliser parce que j'ai aussi beaucoup de chance ! Mais pour d'autres, quand ils ont moins de chance où des désirs beaucoup plus fous, peuvent-ils vraiment s'arrêter à temps ?

Exemple :

Jojo est allé au bout de ses rêves


Jojo rêvait d'être libre à 16 ans, il quitta sa maison
Jojo réalisa son rêve, même s'il devint SDF

Jojo rêvait d'un travail. Il fut heureux de travailler pour un employeur qui l'exploita tellement pendant plusieurs années qu'il en perdit ses deux bras. Devenu improductif, celui-ci finit par le licencier sans regret.
Mais quelle importance, Jojo voulait du travail. Il l'obtint même s'il n'a plus de bras pour travailler et qu'il est depuis chômeur et handicapé.
Jojo voulait se marier, il trouva une femme qui l'épousa et l'épuisa au point qu'il devint impuissant. N'acceptant pas cette faiblesse, celle-ci le quitta pour un autre. Quelle importance, Jojo s'est quand même marié, il réalisa son rêve même s'il ne put jamais se remarier, parce qu'il est handicapé, impuissant et chômeur.

A mon avis, trop nombreux sont ceux qui veulent aller jusqu'au bout de leur rêve mais les miracles ne s'accomplissent pas sur leur chemin malgré leurs efforts. Je me demande bien d'ailleurs si pour ceux-là, le miracle ne serait pas finalement le moment où ils atteindraient un certain degré d'inconscience qui leur permettrait de vivre heureux, même s'ils ont une vision complètement faussée de la réalité. Autrement dit : le fou, n'est il pas plus heureux enfermé dans sa bulle, plutôt que ces gens très "conscients" qui veulent réaliser des rêves complètement fous presque irréalisables ?

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Amon avis, ceux dont tu parles sont plus attirés par des mirages que par des rêves.....l'objectif de Jonathan et de ceux qui suivent son chemin, c'est d'arriver tout en haut de "mon bonheur" ...La source du bonheur est dans le cerveau...alors....

PS : pour ceux que cela intéresse : "La source du bonheur" de Christian Boiron

Écrit par : Alex | 04/11/2007

Mais peut -on avoir toujours les moyens d'aller au bout de nos rêves, là est la question
Merci de ta gentillesse. Me voilà requinquée pour 6 semaines et comme les résultats du traitement sont satisfaisants je vais juste rêver de pousser les séances à 8 semaines en attendant mieux...
Bonne semaine et à bientôt
ANNIE

Écrit par : Maminie | 05/11/2007

Je venais lire plus en profondeur ton blog découvert il y a quelque temps

Écrit par : Pierre | 05/11/2007

Bonjour Anne-Marie

C'est un conte tout à fait intéressant qui me rappelle un rêve que j'avais fait il y a longtemps et qui m'apportait la solution à une situation difficile pour moi.

Je crois qu'il y a dans les contes et dans les rêves une démonstration de sagesse. A nous d'essayer de la déchiffrer avec notre propre grille n'est-ce pas ?

Evidemment l'histoire d' Alex fait un peu retomber le soufflé. C'est tout de même très compliqué.

Bonne journée. Monique

Écrit par : Monique | 05/11/2007

Parfois il manque l'ambition , et alors c'est le regret de ne pas avoir osé , quand on aurait la volonté , c'est la force qui nous quitte , un joli conte qui pousse les gens à aller de l'avant ! Merci Anne-Marie ! Bonne soirée bises ! huguette

Écrit par : macary huguette | 05/11/2007

Tout est relatif dans le mot Bonheur.
Chercher le bonheur est un acte de foi.

Écrit par : Marie | 07/11/2007

Oui, vraiment, ce conte fait réfléchir et c'est difficile (en tout cas pour moi) de vivre sa vie sans trop s'encombrer des problèmes des autres, surtout de la famille proche.
Mais avec l'âge la sagesse arrive et je me fais un peu plus égoïste en posant parfois le "fardeau" pour m'accorder des moments rien qu'à moi.
Bonne journée
Amitiés
Martine

Écrit par : maminette | 08/11/2007

Vraiment bien.
C'est effectivement un conte qui offre des leçons très prometteuses à mettre en oeuvre pour se libérer du syndrome de la "gentille fille" ou du "gentil garçon" qui nous pourrit la vie !!!

Écrit par : jean-marc | 08/11/2007

Merci pour nous faire partager ce jolie conte.

Les contes sont pour moi porteurs de message
profond que chacun doit apprendre à décrypté.

Celui-ci montre bien (pour moi) à quel point il
peut être difficile mais nécessaire de se détaché de
l'approbation des autres et notamment de ceux
qui nous sont chers pour se réaliser.

Merci encore

Écrit par : Sébastien | 10/01/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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