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11/04/2007

Après un week-end en maison de retraite

Que vois-tu ?
Que vois-tu, toi qui me soignes, que vois-tu ?

Quand tu me regardes, que penses-tu ?
Une vieille femme grincheuse, un peu folle
Le regard perdu qui n'est plus tout a fait,
Qui bave quand elle mange et ne répond jamais.
Qui, quand tu dis d'une voix forte "essayez" '
Ne semble pas prêter aucune attention à ce que tu fais
Et ne cesse de pendre ses chaussures et ses bas.
Qui, docile au non te laisse faire à ta guise,
Le bain et les repas pour occuper
une longue journée grise


C'est ça que tu penses, c'est ça que tu vois ?


Alors, ouvre les yeux, ce n'est pas moi.
Je vais te dire qui je suis, assise là tranquille
Me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu veux.
Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère,
Des frères et des sœurs qui s’aiment entre eux.
Une jeune fille de seize ans, des ailes aux pieds
Rêvant que bientôt, elle rencontrera un fiancé ;
Mariée déjà à vingt ans. Mon cœur bondit de joie
Au souvenir des vœux que j'ai faits ce jour-là.
J’ai vingt ans maintenant et un enfant à moi
Qui a besoin de moi pour lui construire une maison.
Une femme de trente ans, mon enfant grandit vite.
Nous sommes liés l’un à l'autre par des liens
qui dureront.
Quarante ans, bientôt il ne sera plus là.
Mais mon homme est à mes côtés qui veille sur moi.
Cinquante ans, à nouveau, jouent autour de moi
des bébés :
Me revoilà avec des enfants, moi et mon bien-aimé.
Voici les jours noirs, mon mari meurt.
Je regarde vers le futur en frémissant de peur,
Car mes enfants sont tous occupés à élever les leurs.
Et je pense aux années et à l'amour que j'ai connus.
Je suis vieille maintenant, et la nature est cruelle,
Qui a amusé à faire passer la vieillesse pour folle.
Mon corps s’en va, la grâce et la forme m’abandonnent.
Et il y a maintenant une pierre là où jadis j’eus un cœur
Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure
Dont le vieux cœur se gonfle sans relâche.
Je me souviens des joies, je me souviens des peines,
Et à nouveau je sens ma vie et j'aime.
Je repense aux années trop courtes et trop vite passées
Et j'accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer.

Alors ouvre les yeux toi qui soignes et regarde
Non la vieille femme grincheuse
Regarde mieux, tu me verras.

Poème trouvé dans les affaires d'une vieille dame irlandaise après sa mort.

Commentaires

Bonjour Anne Marie
Trés touchante cette lettre ..Elle me touche d'autant plus que la manman de ma femme est depuis peu en maison de retraite suite à un AVC à 800 km de chez nous .C'est très dur pour elle et pour nous .La réalité de la fin de vie est souvent trés pénible et ça devrait etre une priorité nationale!!!! Car la vie en maison de retraite est trés souvent terrible du fait d'un manque criant de moyens.
Amicalement
Jacques

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Je crois qu'il existe des associations de personnes qui visitent ceux qui sont isolés en maison de retraite.
C'est important que chaque résidant ait des visites régulières...ne serait-ce que pour que le personnel sache que cette personne n'est pas isolée.
Bon courage, ce n'est pas facile à vivre...

Écrit par : jacques | 11/04/2007

Sans doute nous sommes tous tellement plus que le petit peu que chacun perçoit de l'autre.

Pourtant ce n'est pas si facile de changer son regard ; cela fait partie aussi de l'éducation qu'on donne à nos enfants.

Merci Anne-Marie pour ce moment de réflexion. Monique

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C'est bien pour cela que je m'acharne à promouvoir les rencontres intergénérationnelles en maison de retraite. Les enfants doivent vivre des moments chaleureux avec les anciens, infirmes, diminués et ridés pour pouvoir les accepter plus tard. Tout se joue dans l'enfance...

Écrit par : monique-âne | 11/04/2007

Elle devait bien rire sous cape ,la vieille dame,chacun livre bien de soi que ce qu'il veut.bises

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Peut-être ne connais tu pas bien les réalités du quotidien des personnes devenues infirmes moteur cérébral en maison de retraite....

Écrit par : heraime | 11/04/2007

une vie résumée en une lettre et pourtant c'est si vrai... mais qu'en reste t'il au regard de ceux qui nous entourent quand les derniers instants de sont plus que souffrance et incohérence. On ne regarde plus que ce qui est et non ce qui a été , le présent est si difficile. J'ai vécu cela avec mon père, si fringant, si enthousiate dans ses activités, un éternel jeune homme disait on, galant, un brin dragueur jusqu'à ce que la maladie le fasse naviguer dans des eaux troubles où rien nexistait plus. Je revois les photos maintenant de l'adolescent, du jeune homme, du jeune père, du grand père qu'il a été. Arrière grand père aussi mais il ne l'a jamais su il était déjà dans son monde perdu.
A bientôt
ANNIE
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J'ai connu cela aussi avec mon père que la souffrance coupait du monde....heureusement, cette image a disparu au profit de meilleurs souvenirs.

Écrit par : Maminie | 11/04/2007

La vieillesse est une étape de la vie qui se déroule différemment selon les sociétés. Pour ma part, je pense souvent à cette coutume indienne qui voulait que les vieilles personnes aillent se réfugier sur la montagne pour y attendre la mort... J'y adhère plus qu'aux maisons de retraite.Celles ci nous laissent trop souvent une image très altérée des proches que nous avons aimés ( voire admirés) et je trouve ca dommage.

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Oui, je suis d'accord avec toi, la vieillesse ne se passe pas partout de la même manière et comme toi je suis assez partisante du choix de fin de vie.

Nos maisons de retraite sont souvent l'expression du nauffrage de notre société moderne :
Plus de place pour accueillir l'ancien et plus de maisons de famille, plus de temps et plus personne pour s'en occuper....et si on ne réagit pas, cela ira de mal en pire....

Heureusement parfois et pour certains les choses se passent très bien...J'ai vu à la télé un groupe de personnes âgées qui ont décidé de faire construire leur maison de retraite avec l'intention de la gérer eux mêmes : une nouvelle formule qui ressemble un peu aux premières crèches parentales et sans doute une idée à creuser.

Écrit par : Jacqueline | 12/04/2007

Triste vérité.cette lettre devrait être affichée dans les maisons où les personnes âgées résident,tres bien soignées au demeurant ,mais on y oublie trop que si l'enveloppe est flétrie
l'âme et le coeur ont gardés la fraîcheur des souvenirs ,que sous les silences ou les mots si difficiles à pronocer ,l'esprit est encore bien présent avec sa souffrance invouable.
Ne plus se révolter ,obéir...se laisser glisser vers un
autre séjour paisible..
Merci pour vos tranche de vie que j'apprécie
Amitiés ....jeanne

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Cette lettre est affichée dans beaucoup de maisons de retraite, mais hélas comme beaucoup d'informations écrites, elle n'est pas lue...et commentée, comprise, vécue...

Pour ma part, je crois que la première des maltraitance en maison de retraite, c'est le personnel de soin qui la subit....(sous payé, non reconnu) ...et ensuite c'est une réaction en chaine, comme l'histoire du père qui s'en prend à sa femme qui s'en prend...et le petit dernier n'a plus qu'à taper sur le chien qui lui, à part mordre......

Écrit par : jeanne | 12/04/2007

De plus en plus aujourd'hui on place les personnes agées qui ne peuvent plus s'assumer.Pourtant dans certaines communes ont fait tout pour les garder à leur domicile avec des aides ménagères et repas distribués. La vie moderne fait que les enfants ne peuvent plus s'occuper de leurs Parents quand ils sont agées et encore plus malades ou handicapés , on n'arrête pas de créer des maisons pour ça?, on le constate tout les jours autour de nous, il y en a qui ne vois plus leurs enfants ou non presque pas de nouvelles, sans avoir de véritable raison- Il est vrai qu'on élève pas ses enfants pour soi ou pour en faire des batons de vieillesse , mais à notre époque tout fou le camp. Mais c'est triste de vieillir ainsi dans l'abandon confié à des étrangers en attendant sa mort.!
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Sincèrement je crois qu'il pourrait y avoir des solutions plus humaines, à commencer par de petites maisons de retraites ouvertes sur le monde au lieu de ces regroupements de 100 à 150 pensionnnaires plus ou moins grabataires et laissés là sans beaucoup de soins et de stimulations....le nombre amplifie les effets négatifs et le personnel soignant ne peut plus que se fermer à la souffrance tant elle est insupportable à regarder ...impuissant .

Écrit par : Angelina | 12/04/2007

Comme il est beau et triste à la fois ce texte écrit par cette vieille dame .....espérons que ce ne sera jamais notre sort que celui là ...

Bonne journée à toi !

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Ce qui est sûr, c'est que dans l'avenir de moins en moins de personne pourront s'offir 'le luxe' d'aller en maison de retraite. Il faut voir combien paient déjà ceux qui y sont et pour quels services en réalité...Pour ma part, je ne pense pas qu'un jour j'aurai les moyens matériels de m'offir une maison médicalisée....et je n'ai qu'une fille alors....pas facile pour les enfants qui ont à porter des parents de plus en plus diminués....

Écrit par : Nicole | 12/04/2007

Cette lettre fait réflèchir , pour ceux qui sont en maison de retraite et ceux qui ne pourront pas y aller , manque de moyens ....Faisons ce que nous pouvons pour nos parents et laissons faire le temps , nous ne sommes pas maîtres de notre destin ! Gardons l'espèrance ! bonne soirée merci Anne-Marie ! bises de loubejac ! huguette - alice

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Je pense que dans quelques années, de nouvelles solutions verrons le jour sur le mode de l'accueil à domicile . Tu as raison Huguette, gardons l'espérance de voir se résoudre ce mal être de la société. Bises à vous deux.

Écrit par : macary huguette | 12/04/2007

très émouvante cette lettre, très poétique et pathétique ! à lire et à relire , à ne pas oublier !!!
merci de nous rappeller ce que sont les autres et ce que nous seront sans doute un jour ! un peu d'humanité ne coute rien ! j'ai été auxiliaire de vie au domicile de personnes àgée et je sais combien un regard ou une main serrée peuvent faire du bien ,autant à celui qui donne qu'à celui qui reçoit !

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entièrement d'accord avec toi. C'est pour cela que je préfère la formule "à domicile" parce que les contacts sont beaucoup plus humains que dans les grandes collectivités.
Merci de ce témoignage et bonne soirée.

Écrit par : christine | 12/04/2007

il en est de même pour tout le monde ,on vieilli extérieurement mais on reste jeune en dedans.c'est pas toujours facile de faire comprendre ça autour de soi.Nous avons trop l'habitude d'attacher de l'importance à "ce qui se voit".toutes les personnes âgées on été jeunes ,ont été belles et ont vécues ....!Ainsi va la vie.Belle lettre et tellement réelle.bises.

Écrit par : mireille | 13/04/2007

c'est tellement vrai tout ça .on reste jeune à l'intérieuret quoique l'on fasse notre corps se dégrade .l'entourage,ou que tu sois,a de l'importance si il te donne de l'importance et que tu te sens aimé...alors,là,le vieillissement est plus tolérable.

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Tout à fait d'accord avec toi. Il vieillissement est difficile à vivre lorsqu'il diminue la personne, mais ce qui est intolérable, c'est la manière dont la société traite les personnes diminuées par l'âge...ou la maladie et l'accident.

Écrit par : mireille | 14/04/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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