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31.01.2007

La fin d'une époque

Imperceptiblement la vie du village évoluait. Nos amis ont acheté le terrain de Monsieur Rossard sur la route de Bû et y ont fait construire un petit bungalow. Leurs amis ont aussi acheté un terrain voisin et tout en haut de cette route une maison de bois, « le Ranch » s’est dressée au milieu des champs.

L’ouverture d’une première épicerie Leclère à Issy les Moulineaux a modifié nos habitudes d’approvisionnement et nous apportions l’essentiel de ce qui nous serait nécessaire durant notre séjour.

L’alimentation en eau courante a largement facilité la vie de tous les habitants mais modifié leurs relations de voisinage. Plus d’attente aux fontaines, moins de monde aux lavoirs et moins de moments propices à l’échange et à la communication. Peu à peu la vie s’est refermée sur elle même lorsque la télévision est entrée dans les foyers.

Monsieur Camille, un entrepreneur de maçonnerie a acheté l’ancienne maison de Madame Leménère dans le chemin de la Cornette, l’a restaurée et revendue à des parisiens. En mai 1963 Monsieur Darreau, à son tour, a vendu la propriété de sa mère et nous avons eu de nouveaux voisins : les Ellis . Nous n’avons pas pris le temps de faire connaissance et à peine amorcées les premières relations, leur « maison de campagne » est devenue un lieu clos dont le grillage si souvent franchi, s’est transformé en une clôture peu propice aux échanges de voisinage.

L’ambiance générale du village s’est transformée et les moteurs de quelques tondeuses à gazon sont venus troubler le silence paisible des matinées dominicales.

Nous grandissions et nos études nous laissaient de moins en moins de temps pour profiter de nos week-ends. Nos cours du lundi matin commençaient tôt et des activités extra- scolaires nous retenaient souvent à Paris.

Jean-Claude avait une petite amie. Nous souhaitions sortir, aller ailleurs, voir autre chose et lorsque nos parents nous ont demandé si nous étions d’accord pour qu’ils vendent la maison, nous avons dit oui sans hésitation.

Nous ne savions pas ce que nous laissions échapper mais devenus adultes et parents à notre tour, nous l’avons réalisé. Les uns après les autres, nous sommes revenus à Rouvres pour faire découvrir à nos conjoints, nos enfants, nos amis, le village de notre enfance. En juin 1975 j’y ai même organisé un feu de Saint Jean sur un terrain prêté par Monsieur Le Bihan, maire de Rouvres à cette époque.

Tout est allé très vite et Monsieur et Madame Betant sont devenus propriétaires du Vieux Logis en novembre 1964, il y a trente cinq ans aujourd’hui.

Je n’ai jamais dit adieu à cette maison ni à tout ce que je quittais. Les années ont passé et à l’âge où les racines prennent de plus en plus d’importance, je suis revenue à Rouvres.

Cette surprenante remontée de souvenirs bien vivants m’a fait comprendre que toute ma vie j’ai cherché Rouvres. En Touraine, dans les Yvelines, en Bretagne aussi, je cherchais dans mes contacts avec la nature à retrouver les sensations intenses de ma petite enfance.

Commentaires

"les sensations intenses de ma petite enfance"

Eh oui on passera notre vie à les retrouver : c'est normal

dominique

Ecrit par : dmerlen | 31.01.2007

les souvenirs d'enfance restent à jamais gravés. Lorsque j'ai commencé mon blog, quelques bribes me revenaient et petit à petit les images, les sons, les couleurs reprenaient leur place sortant de la petite case où je les avaient enfouis sans y penser vraiment . J'ai ouvert la boite à chaussures et tout c'est aligné devant moi pour le bonheur des enfants et des petits enfants qui prennent un énorme plaisir à fouiller à la recherche des leurs de souvenirs.
BONNE APRES MIDI
annie

Ecrit par : MAMINIE | 31.01.2007

Le plus beau cadeau que l'on puisse leur faire, c'est de raconter, de montrer...ils adorent....Nous aussi on aimait...Je me souviens, j'avais 10 ans quand ma grand mère maternelle regardant ses vieilles photos a dit :"un jour, il faudra que je brule tout cela parce qu'un jour plus personne ne saura qui c'était"...dans ma tête de gamine, je me suis sentie spoliée de quelque chose...je lui en ai voulu...c'est peut-être de là que me vient ma vocation de recueillir les souvenirs.
Amicalement
Anne-Marie

Ecrit par : Anne-Marie | 31.01.2007